La production de chocolat et son impact écologique

Avec l’enthousiasme mondial que bénéficie le chocolat, les producteurs et industriels sont à la recherche de nouveaux endroits pour cultiver du cacao afin de satisfaire cette nouvelle demande toujours plus importante.

Historiquement, l’Afrique de l’Ouest a toujours été le point névralgique de la production de cacao dans le monde. Mais désormais, l’industrie du chocolat cherche de nouvelles alternatives en raison de l’instabilité de la région : conflits, conditions climatiques extrêmes et instabilité politique impactent négativement la production de Cacao dans cette région.

Désormais, le nouvel Eldorado semble être l’Amérique du Sud qui a vu sa progression augmenter de façon significative ces dernières années. C’est le Pérou qui, en particulier, a connu la croissance la plus importante. Le Pérou fait partie désormais des 10 producteurs de Cacao les plus importants dans le monde.

Rang des Pays avec la plus forte production de cacao  (tonnes)

1 Côte d’Ivoire 1 488 992

2 Ghana 835 466

3 Indonésie 777 500

4 Nigéria 367 000

5 Cameroun 275 000

6 Brésil 256 186

7 Équateur 128 446

8 Mexique 82 000

9 Pérou 71 175

10 République dominicaine 68 021

La forêt amazonienne ciblée par l’industrie

Mais le Pérou n’est pas le seul a suscité l’appétit et l’intérêt des industrielles. La forêt amazonienne est désormais ciblée elle aussi !

Le risque écologique, nous le connaissons assez bien. La Côte d’Ivoire, le Ghana et le Nigeria ont été également confronté à une déforestation dramatique de leur zone de productions au fur et à mesure que la production de cacao s’intensifiait.

Ce risque concret pour la forêt amazonienne intervient dans un climat favorable à l’écologie. Les entreprises souhaitent être désormais beaucoup plus transparentes sur la question de l’environnement.

Seulement, pour être en mesure de réduire l’impact environnemental d’une activité lucrative, il faut être en mesure de le calculer précisément. Ce qui n’est pas, à l’heure actuelle, à la portée de toutes les entreprises.

En ce qui concernant l’industrie du chocolat, il y a une donnée qui n’est pas toujours prises en compte. La déforestation d’une zone pour mettre en place une plantation de cacao n’est pas toujours prise en compte. Or son impact écologique  est conséquent.

 

On estime à 170 g d’équivalent en CO2 sont émis dans l’atmosphère pour chaque barre de chocolat au lait de 50 grammes. Ce calcul inclut les émissions provenant de la production de matières premières comme le cacao, le lait, le sucre ou encore le beurre de cacao mais il ne prend pas en compte la conversion d’une zone naturelle en zone de production !

L’industrie alimentaire connaît depuis quelques années un véritable engouement pour l’écologie. De nombreuses sociétés cherchent à contribuer l’environnement en élaborant de nouveaux produits comme des emballes ou des gobelets éco-friendly par exemple. C’est dans cette démarche que  s’inscrivent désormais les professionnels du cacao et du chocolat.

En 2012, l’entreprise United Cacao a entrepris l’élaboration d’une gigantesque zone de production de plusieurs milliers d’hectares au milieu de la forêt amazonienne. Malgré son emplacement isolé au cœur de l’Amazonie, les satellites de la Nasa ont été en mesure de calculer l’impact de cette décision.

L’étude suggère que la plantation de United Cacao stockera, en moyenne, environ 40 tonnes métriques de carbone par hectare. Pour illustrer, c’est comme si une voiture faisait 66’000 fois le tour de la terre !

C’est donc l’enjeu principal à l’heure actuelle. Nous connaissons bien l’empreinte carbone d’une tablette de chocolat. Ce que nous connaissons moins, cependant, c’est l’impact sur l’environnement que produit la conversion d’une terre naturelle en zone de plantation et de production pour le cacao.

L’industrie du chocolat connaît actuellement une croissance importante qui n’est pas prête de s’enrayer. Les pays asiatiques comme la Chine ou l’Inde ont vu leur demande en chocolat européen croître de manière fulgurante au cours des dernières années.

Si les industriels veulent être en mesure de satisfaire cette demande, ils doivent à tout prix apporter une réponse cohérente et satisfaisante sur le plan écologique.

Rappelons que la déforestation et la surproduction bouleversent aussi la vie des populations locales qui voient leurs habitudes et leur économie impactées (souvent négativement) par une activité industrielle et peu soucieuse de l’environnement. C’est en effet tout l’écosystème de ces régions qui est impacté !

Le chocolat et l’environnement : Trouver le bon compromis

Heureusement, il existe une solution. La production de Cacao en Amérique du Sud et en Afrique de L’ouest représentent une opportunité pour la reforestation aussi. Beaucoup de zones naturelles dégradées peuvent bénéficier d’une plantation de cacao.

Plutôt que d’encourager la déforestation, les industriels pourraient replanter du cacao dans zones qui ont connu des dégradations par le passé. Ces actions réduiraient considérablement l’impact négatif de la production de cacao.

Les populations locales bénéficieraient aussi d’une opportunité commerciale en devant de nouveaux acteurs de l’industrie, ce qui leur permettrait aussi d’améliorer leur situation sur le plan économique et écologique.

Voir aussi : L’impact du chocolat sur l’environnement (EN)